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10/02/2013

Les orgues d'Ille sur Têt

 

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Vue générale du site. 

Je vous invite à découvrir aujourd'hui un site emblématique des Pyrénées-0rientales qui est situé au pied du massif du Canigou dans le Roussillon, les orgues d'Ille-sur-Têt. Ce site naturel constitue un paysage géologique parmi les plus spectaculaires de France. Il a été classé en 1981.

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Les orgues, fantaisie de l'érosion.

Le site des orgues est situé à mi-chemin entre Prades et Perpignan. Le terme d'orgue est habituellement utilisé pour désigner la forme prismatique d'une coulée de lave basaltique. Il est ici localement utilisé pour désigner ce qu'il serait plus juste d'appeler des cheminées de fées. 

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Des orgues émergent dans un paysage verdoyant avec en fond de toile le Canigou.

Les orgues sont des constructions fragiles et éphémères qui dessinent un amphithéâtre aux parois sculptées de gigantesques colonnes d'une hauteur de 10 à 12 mètres. L'endroit ou l'on chemine était autrefois une colline. L'érosion a fait son oeuvre. Quantité de matière a été déblayée par le ruissellement. Le lieu a pour nom Ribéral ce qui peut se traduire par "né des rivières". Les sources et ruisseaux y sont en effet nombreux.

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Chapeau coiffant une orgue.

Au Pliocène il y a environ 5 millions d'années, l'érosion a déblayé le manteau d'altération, arène granitique qui recouvrait le plateau de Montalba qui domine le site. Les rivières ont transporté des sables et des argiles dans le golfe marin tout proche, qui s'est alors progressivement comblé. Ces alluvions forment aujourd'hui la matrice des orgues. Une sorte de conglomérat composé de graviers et de galets à ciment argileux forme un niveau protecteur qui constitue le chapeau des orgues et assure temporairement leur protection. Lorque la coiffe disparait, les colonnes s'affaissent.

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Autre exemple de coiffe.

Depuis l'accueil un cheminement d'environ 800 m vous conduira au centre du site. Tout au long du parcours des piquets en bois numérotés correspondent à des haltes qui sont décrites dans un guide que l'on vous remettra à l'entrée. Bonne visite.

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10/08/2011

Le Musée de Pépieux (Aude)

Voici un musée qui a été créé par un amateur passionné de paléontologie, Régis Liria. Il est situé sur la commune de Pépieux dans le Minervois, près d'Olonzac. La collection de vertébrés fossiles de l'Eocène patiemment récoltée par Régis Liria mérite à elle seule le déplacement. Les sites de Pépieux (Aude) et de La Livinière (Hérault) ont fourni de nombreux restes fort bien conservés de Lophiodons (animal disparu proche des tapirs) et de Propachynolophus (ancètre d'équidés). On ne saurait trop louer la municipalité de Pépieux qui a mis à la disposition de notre amateur des locaux pour y installer ce musée. Voilà 20 ans que j'attends la même chose dans ma commune pour y installer un musée similaire ! Le musée de Pépieux est divisé en deux parties, la première pièce au rez-de-chaussée est consacrée à la paléontologie, tandis qu'à l'étage on pourra découvrir des minéraux provenant de l'ancienne mine de Salsigne et d'autres pays comme l'Espagne.

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Salle de minéralogie.

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Vitine sur le gypse.

La salle de paléontologie est consacrée aux fossiles du Tertiaire. Une vitrine cependant est dévolue aux fossiles du Primaire, les trilobites de la Montagne noire. Pour les fossiles du Tertiaire, plusieurs vitrines nous présentent la richesse locale en vertébrés, lophiodons, tortues, crocodiles. Des oursins, des poissons (requins et raies) une belle flore fossile, et des coquillages sont aussi exposés.

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Diverses mâchoires de lophiodons.

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Autres restes dentaires de lophiodons.

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Mâchoires inférieures de Propachynolophus.

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Autres restes de lophiodons.

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Carapace de tortue.

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Vue de l'intérieur d'une carapace de tortue.

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Toujours du lophiodon !

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Une autre mâchoire inférieure de lophiodon.

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Vitrine sur les poissons tertiaires.

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Dents de requins.

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Pavé dentaire de raie.

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Oursins amphiope et scutella.

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Feuilles fossiles de Peyriac de mer.

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Restes de crocodiles.

Voilà donc un petit musée dans une petite commune mais avec de belles pièces qui ne dépareilleraient pas dans un grand muséum ! Le musée de Pépieux se visite toute l'année sur rendez-vous. Il faut contacter Régis Liria au 04-68-91-51-58 ou 06-68-75-90-84.

08/03/2011

Gisements fossilifères de la Réserve géologique de Haute Provence. 2 La dalle aux ammonites de Digne.

 

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La dalle des Isnards.

La dalle à ammonites des Isnards est située à environ trois km du centre de Digne les bains, en bordure de la petite route D 900 qui conduit à Barles. On peut dire qu'il s'agit du site emblématique de la réserve géologique de Haute Provence. Il est en effet très spectaculaire, la dalle de calcaire qui est inclinée à 60 ° porte 1560 ammonites.

 

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 Pour donner une échelle, je suis devant la dalle.

 

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Vue rapprochée donnant une idée de la taille des ammonites.

C'est à l'occasion de travaux de voirie que la dalle a été découverte au début du XXème siècle. Ce n'est qu'en 1979 que des travaux de terrassement ont permis le dégagement de la dalle sur une surface de 160 m2 permettant de découvrir 600 ammonites. En 1992 la dalle a été moulée pour être exposée dans la ville de Kamaïshi au Japon (les japonais voulaient la découper en morceaux et la reconstituer dans leur pays !).

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 Vue de détail des ammonites.

 

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Vue prise depuis la base de la dalle.

 

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Vue de côté de la dalle des Isnards.

 

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Une concentration d'ammonites étonnante !

Durant l'été 2009 des travaux de confortement ont été entrepris pour protéger la dalle aux ammonites des altérations du temps, eau et gel en particulier. La surface de la dalle a été portée à 390 m2. On y dénombre 1560 ammonites Corioniceras et Arnioceras dont certaines ont un diamètre de 70 cm ainsi que des nautiles, bélemnites et bivalves. Cette faune du jurassique inférieur (Sinémurien) date d'environ 200 millions d'années. C'est lors du soulèvement de la chaine alpine que des mouvements de terrain ont redressé la dalle calcaire ou se sont accumulées les ammonites. 

 

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La dalle après les travaux de confortement. 

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15/11/2010

L'emblématique mont Aiguille dans le Vercors

J'aime la géologie, les roches et les paysages qui sont le reflet de l'histoire de la terre.  Grace à une amie qui m'est chère j'ai eu l'occasion de découvrir le Vercors qui pour moi était avec Pompéi, le chemin de St Jacques de Compostelle et le GR 20 en Corse l'un des endroits mythiques que je souhaitais découvrir un jour. Nous avons séjourné dans un gite à Treschenu Creyers et les sympathiques propriétaires Mme et Mr André Bronner nous ont aimablement accompagné et guidé à la découverte des marmottes du Vallon de Combeau et nous avons pu découvrir l'emblématique mont Aiguille.

 

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Plants de gentiane.

Une marche d'environ 1h nous a permis d'atteindre depuis le parking ou nous étions garés le vallon de Combeau. Le site est exceptionnel pour sa flore qui est protégée. Nous sommes dans la Réserve Naturelle des Hauts plateaux du Vercors à 1650 m d'altitude. Le paysage est magnifique, que la montagne est belle !

 

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Sommet de la montagnette (1972 m).

 

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Le vallon de Combeau.

Lorsque nous sommes arrivés au vallon de Combeau (c'est l'endroit ou l'on peut voir les marmottes et entendre leur sifflement bien caractéristique), j'ai tout de suite été frappé par l'aspect du paysage. Au Quaternaire un glacier remplissait la partie supérieure du vallon de Combeau, c'est le glacier de Tête Chevalière ou de Combeau. A proximité, au col de Lauzette on peut voir des sillons vallonnés très bien marqués qui indiquent le passage d'un glacier.

 

 

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Une marmotte.

 

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Autre spécimen de marmotte.

Il fallut un peu de patience pour voir de près les marmottes d'autant que des bipèdes nous avaient précédés et qu'ils n'étaient pas très discrets ! Mais l'attente a payé. Dans ces terres d'alpage nous avons aussi pu y voir quelques fleurs magnifiques dont des crocus.

 

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Un crocus.

Reprenant notre marche, nous sommes ensuite arrivés au bord d'une falaise d'où l'on découvre l'emblématique mont Aiguille.

 

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Au loin le mont Aiguille.

Au moyen-äge il est baptisé en latin Supereminet Invius "Il se dresse inaccessible". C'est l'endroit ou la tradition française fait démarrer l'histoire de l'alpinisme avec sa première ascension effectuée en 1492. Le mont Aiguille situé sur la commune de Chichilianne est une dent avancée de la falaise orientale du massif du Vercors, au sud du département de l'Isère. Il est l'une des sept merveilles du Dauphiné. On y pratique l'alpinisme sur une trentaine de voies, plus particulièrement sur sa face Nord-Ouest.

 

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Face orientale du mont Aiguille.

Auparavant rattachée au reste du massif du Vercors, le mont Aiguille est une écaille calcaire qui d'un point de vue géomorphologique est une butte-témoin. C'est en effet une structure laissée par l'érosion, autour d'elle, du plateau dont elle faisait partie à l'origine. Le mont Aiguille doit à cela sa forme particulière: un bloc de falaise et une prairie sommitale, similaire aux alpages de l'ensemble du plateau du Vercors. Son altitude est de 2087 m.

 

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Zoom sur le mont Aiguille.

 

Pour en savoir plus:

http://www.mont-aiguille.com/

mont_aiguille.html

http://montaiguille.free.fr/

Pour louer le gite:

location-gite-treschenu-creyers,109988

Pour voir les marmottes il faudra attendre le printemps, celles ci hibernent pendant six mois, généralement de fin octobre à fin avril.

http://annielamarmotte.over-blog.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15/08/2009

Le gouffre géant de Cabrespine

Voici une idée de balade à faire toute l'année, mais que vous apprécierez plus particulièrement en période estivale pour la fraîcheur qu'elle vous apportera. Il s'agit de la visite du gouffre géant de Cabrespine qui se situe à 17 km au nord-est de Carcassonne dans le département de l'Aude (sur la route de Mazamet).

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Hall d'accueil de la grotte.

Le gouffre de Cabrespine est situé dans les gorges de la Clamoux qui sont dominées par le Roc de l'Aigle. A proximité de l'entrée actuelle de la grotte appelée Grotte de Gaougnas, on a trouvé des poteries, poignards en bronze qui témoignent de l'occupation préhistorique du site. La grotte est connue depuis le XVIe siècle (1570) mais la partie qui est aménagée pour le public n'a été découverte que très récemment par les membres du spéléo club de l'Aude, et est ouverte à la visite depuis 1988.

 

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Vu de la salle d'entrée ou balcon du diable.

Depuis le hall d'accueil on pénètre rapidement dans une immense salle aux imposantes dimensions, 220 m de hauteur et 80 m de section, c'est une des plus grandes salles aménagées de grottes ouvertes au public. Depuis le balcon du diable on peut à peine distinguer le fond de cette immense salle qui est situé à 200 m plus bas. C'est de par cet endroit que sont remontés les spéléologues découvreurs de la cavité après un long et sinueux parcours.

 

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Concrétions d'aragonite.

 

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Autres bouquets d'aragonite.

 

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Vue rapprochée d'un bouquet d'aragonite.

 

Les concrétions de calcite ou d'aragonite sont extraordinaires. Stalactites, stalagmites, piliers, sont colorés par des oxydes ferrugineux, ce qui leur donne de belles teintes orangées.

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Draperies.

 

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L'eau qui tombe depuis les stalactites forme un petit bassin appelé gour.

 

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Contraste entre les coulées stalagmitiques teintées et la blancheur des stalactites.

 

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Pilier stalagmitique, on observe à sa droite le marbre veiné de bleu.

 

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Concrétion en forme de disque.

 

On retiendra de la visite du Gouffre géant de Cabrespine une impression de gigantisme à la vue dès l'entrée, de la grande salle qui pourrait contenir la tour Eiffel. La visite est facile, accessible aux handicapés, d'une durée de 45 mn elle s'effectue à une température de 14 degrés.

Pour visiter: le gouffre de Cabrespine est ouvert du premier jour des vacances de février au 10 décembre, toute l'année pour les groupes. Possibilité d'effectuer un safari souterrain dans la partie non aménagée. Renseignements au 04-68-26-14-20.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

07/06/2009

Découverte géologique du Luberon (3)

Ce troisième volet de notre balade géologique en Luberon nous conduit à la visite du musée paléontologique et archéologique de Vachères, village perché de Haute-Provence situé entre Apt et Forcalquier. Les habitants de la commune de Vachères et la Municipalité, dans un vouloir de protection du patrimoine local, ont créé ce musée en 1958. Cinquante ans après, ils lui ont donné un second souffle en le rénovant et en enrichissant ses collections de pièces inconnues du public. La salle de paléontologie présente en particulier des fossiles animaux et végétaux qui sont magnifiquement conservés sur des calcaires en plaquettes de l'Oligocène - (30 millions d'années).

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Le Bachitherium de Vachères

En 1981 un squelette d'un petit herbivore identifié comme étant un Bachitherium de grande taille a été découvert sur le site de Vachères. C'est le premier et le seul squelette complet de ce chevrotin (qui vit actuellement en Afrique et en Asie) connu jusqu'à présent dans le monde. Le gisement de Vachères a livré en quantité des poissons fossiles appartenant à l'espèce Dapalis macrurus, des végétaux, des insectes et des fossiles plus rares d'oiseaux, grenouilles, reptiles.

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Salle de paléontologie, poissons fossiles.

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Salle de paléontologie, au centre moulage du crâne de dugong de Manosque.

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Poissons fossiles, le plus gros sorte de perche et le petit " dapalis macrurus" très abondant dans les gisements.

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La salle d'archéologie.

Il y a 120 000 ans, d'importants gîtes de silex ont été exploités par l'homme au pied de Vachères. Ils leur ont fourni la matière première pour fabriquer des armes de défense et de chasse.  

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Au Néolithique final, l'exploitation du silex se faisait à l'aide de maillets à gorge (marteaux en pierre emmanchés).

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L'homme a occupé le site de Vachères sans interruption depuis la préhistoire, pratiquant agriculture et élevage. Des vestiges de sépultures isolées comme la tombe de Silvanus et probablement d'un mausolée dont il ne subsiste que la statue dite du Guerrier de Vachères témoignent de l'implantation gallo-romaine.

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Le guerrier de Vachères, statue gallo-romaine.

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Stèle de Silvanus (Haut-Empire).

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Sculpture antique ou médiévale

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Maquette de site.

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Moulins à sel XVIIIe-XIXe s. en calcaire de Vachères.

 

Musée municipal de Vachères, musée de France, entrée à l'école communale.

 Ouvert tous les jours en Juillet et août 10h-12h/15h-18h, de septembre à juin : consulter le répondeur du Musée 04 92 75 67 21

 

 

 

 

 

 

31/05/2009

Découverte géologique du Luberon (1)

Vous avez sans doute entendu parler du Luberon cette belle région qui est aujourd'hui infestée de stars en tous genres (show biz, cinéma, Télévision).  Mais le Luberon ça n'est pas qu'un pays qui respire le fric, c'est avant tout des paysages pittoresques que la géologie a modelés. Une diversité de roches, des minéraux, des gisements de fossiles extraordinairement riches, heureusement protégés aujourd'hui (collecte interdite) que l'on trouve le long de la montagne du Luberon, longue de 60 km entre Cavaillon et Manosque. En 1977 a été créé le Parc naturel régional du Luberon qui se situe en région Provence-Alpes-Côte d'Azur à mi-chemin entre Alpes et Méditerrannée, sur les départements du Vaucluse et des Alpes de Haute-Provence. Il englobe le territoire de 67 communes soit une superficie de 165 000 hectares. Depuis 1987, il est gestionnaire de la Réserve naturelle géologique du Luberon qui protège 28 sites paléontologiques de l'ère tertiaire englobés dans un périmètre de protection qui concerne 27 communes, soit 70 000 hectares.

Le Luberon est célèbre pour ses ocres de la bordure nord du pays d'Apt (à environ 50 km à l'est d'Avignon). Deux sites pittoresques permettent d'en découvrir les affleurements aux couleurs rouge orangé, le village de Roussillon et le Colorado provençal près de Rustrel.

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Lorsqu'on arrive près de Roussillon, village perché, on découvre de loin les affleurements d'ocre rouge qui se détachent du paysage. En effet, perché au coeur de son gisement d'ocre, Roussillon jouit d'une situation exceptionnelle dans le bassin ocrier. Le village, protégé depuis 1943, est aussi coloré que les terres environnantes. Outre la visite du village, il faut découvrir le sentier de l'ocre (payant) dans d'anciennes carrières d'exploitation.

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Il y a un peu plus de 100 Ma, à la fin des très longs épisodes marins du Jurassique et du Crétacé inférieur des couches de sable vert se déposent sur plusieurs mètres d'épaisseur. La couleur verte est liée à la présence de petits grains de glauconie visibles à l'oeil nu. Après le dépôt de ces sables la région se soulève suivant un axe reliant les Maures au Massif central, provoquant son émersion et, par la même occasion, celle des sables verts. Les conditions climatiques, tropicales et humides vont alors provoquer l'oxydation et l'altération de la glauconie et faire naître l'ocre, constituée d'un mélange d'argile et d'hydroxydes de fer.

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Le début de l'industrie de l'ocre commence vers 1780. C'est un habitant de Roussillon, Jean-Etienne Astier qui en fut le précurseur, car il découvrit que ces terres jaunes et rouges avaient la propriété, après traitement, de constituer une peinture inaltérable et d'une teinte inégalée. Toutefois, c'est avec l'arrivée du chemin de fer en périphérie d'Apt que le véritable commerce de l'ocre prendra son essor dans les années 1880-1890.

 

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L'exploitation de l'ocre se faisait en carrières à ciel ouvert ou en mines souterraines. Les paysages que l'on visite aujourd'hui avec canyons et cheminées de fées sont artificiels car ils résultent du travail de l'homme.

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An coeur du territoire des sables ocreux,  de Rustrel à Roussillon, une suite verticale de faciès, s'observe aisément, complète ou partielle. L'ensemble des faciès d'altération conserve les caractéristiques sédimentaires de la roche originelle.

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Ceci est parfaitement démontré par les figures de sédimentation marine, les stratifications obliques, qui s'observent dans les sables ocreux comme dans les sables verts originels. (sources : Découverte géologique du Luberon guide et carte géologique, éditions du BRGM 1998, Le tour de France d'un géologue, François Michel, BRGM éditions 2008).

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Les cheminées de fées de Roussillon

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Le Colorado provençal à Rustrel 

21/04/2009

Figures d'érosion, l'étendoir des fées à Castelnau-de-Guers

Dans notre beau pays chaque commune a des atouts, dans la mienne à Castelnau de Guers nous avons un site naturel remarquable qui est appelé localement "le trou des fées" ou bien encore "l'étendoir des fées", ce qui donne en occitan " l'espandidor de las fadas".  Nous sommes ici en présence d'un terrain datant d'environ 50 millions d'années. Il s'agit de dépôts de chenaux fluviatiles de l'Eocène qui sont  constitués par des grès que l'érosion a modelés et qui font penser à un paysage lunaire.

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Il y a quelques années le site a servi de décor pour le tournage d'un film. On y avait allumé pour l'occasion des centaines de grosses bougies dans les creux des rochers. On peut encore voir dans les cupules de la roche des fragments de cire noircie. 

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Si ces traces disparaissent, malheureusement le site subit des dégâts qui sont causés par la connerie humaine. En effet le site est de plus en plus endommagé par le passage répété des motos, quads et vtt qui produisent une érosion supplémentaire et dégradante du secteur. Certains imbéciles allument un feu dans les figures d'érosion et d'irrespectueux organisateurs de randonnées (extérieurs à notre commune) n'hésitent pas à tracer des flèches et autres points à la peinture fluo sur la roche. Il y a de quoi vous faire regretter de vouloir faire découvrir des sites pareils à un large public.

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Les vasques formées par l'érosion se remplissent à chaque pluie, c'est à ce moment là qu'il faut aller voir l'étendoir des fées, le ciel se reflète dans les point d'eau et c'est vraiment magnifique à voir. Si le site a un aspect désertique, les vasques  retiennent par endroits une flore particulière. 

Il serait souhaitable, pour peu qu'un jour les élus de la commune s'intéressent à leur patrimoine que le site fasse l'objet d'une protection efficace et d'une mise en valeur afin de le protéger de manière efficace...

Pour se rendre aux rochers des fées à partir de la place des écoles, prendre la direction de Aumes. A 300 m (au premier embranchement) prendre à droite en direction du domaine de la Mirande-chapelle Saint-Nicolas. Après avoir franchi le ruisseau de Marcouri, il y a une grande ligne droite qu'on suit sur 500 m, et on prends le premier chemin à gauche, puis on tourne à gauche et ensuite à droite. Au bout de la montée on aperçoit les premiers rochers du site, il faut continuer le chemin sur 400 m et vous apercevrez sur la droite le site des rochers des fées qui est bordé par une pinède. Bonne visite.