Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

26/01/2011

Conférence "Les usages du bois et l'environnement forestier de Lattara" musée de Lattes

Dans le cadre de l'exposition Les objets racontent Lattara jeudi 27 janvier à 18h30 conférence au site archéologique Lattara-musée Henri Prades "Archéologie des sociétés méditerranéennes Les usages du bois et l'environnement forestier de Lattara".

 

Peigne_en_buis lucie chabal.jpg

 

Peigne en buis.

Conférence de Lucie Chabal Chargée de recherche au CNRS- INRAP UMR 5140 Archéologie des Sociétés Méditerranéennes.

Les fouilles de Lattara ont livré en quantités des fragments de bois carbonisé, issu du combustible domestique, de fours ou d'incendies des habitations . Plus rares, sont les restes de bois gorgé d'eau, conservés dans les puits antiques, appartenant à des objets du quotidien comme de beaux éléments de mobilier.

Comment sont identifiées les essences ligneuses ? Quels étaient les usages du bois et les boisements exploités au cours des siècles d'activités des Lattois ?

Les études d'anthropologie et de xylologie, menées depuis plus de 20 ans sur le site, nous racontent la transformation de la forêt sous l'effet de son exploitation.

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

Site archéologique Lattara-Musée Henri Prades

390 avenue de Pérols 34970 Lattes.

04 67 99 77 20

museearcheo.montpellier-agglo.com

 

22/01/2011

Le groupe statuaire de Béziers

Dans ma précédente note je vous ai présenté le musée Saint-Raymond de Toulouse, lorsque vous le visiterez vous y verrez une dizaine de bustes antiques provenant de Béziers. Cette découverte archéologique exceptionnelle a été effectuée en avril 1844, au coeur de la ville de Béziers dans le secteur ou se situait le forum antique de la ville.

 

IMG_4803.JPG

Le groupe statuaire exposé au musée des antiques.

 Ces portraits antiques en marbre ont été découverts dans la cave de la maison d'un certain monsieur Gasc, lequel heureux propriétaire a refusé les offres d'achat des sociétés savantes de Béziers, de Narbonne et de Montpellier et a décidé de les vendre à la société archéologique du Midi de la France installée à Toulouse. Ainsi elles sont venu compléter en 1845 la collection déjà très riche de portraits du musée de Toulouse. 

 

IMG_4780.jpg

Tête de Drusus le Jeune.

Drusus le Jeune (15 ou 12 av. J.-C.) fils de Tibère et de Vipsania Agrippina. Drusus resta le seul successeur désigné de Tibère après la mort de Germanicus.

 

IMG_4784.jpg

Tête de Tibère.

Tibère (42 av. J.-C.-37 ap. J.-C.), fils de Livie et de Tiberius Claudius Nero, empereur de 14 à 37.

 

IMG_4788.jpg

Tête d'Octave-Auguste.

Ce portrait est l'un des deux plus anciens conservés d'Octave (63 av. J.-C.- 14 ap. J.-C.). L'arrière de la tête, initialement voilé, permet de se demander si Octave n'était pas représenté ainsi en tant que fondateur de la Colonia Urbs Iulia Baeterrae (Béziers)

 

 

IMG_4791.jpg

 

Tête de M. Vipsanius Agrippa.

Agrippa avait épousé, en 21 avant J.-C., Julie la fille d'Auguste qui lui donna deux filles (Julie et Agrippine l'Ancienne) et trois fils (Caius et Lucius César, les "Princes de la Jeunesse" promis à la succession d'Auguste mais décédés prématurément, et Agrippa posthumes.).

 

IMG_4793.jpg

Tête de Julie.

Julie (39 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.) fille d'Auguste et de Scribonia, épouse de Marcellus, neveu d'Auguste, puis d'Agrippa, enfin de Tibère avant qu'elle ne soit exilée en 2 av. J.-C. On remarquera la coiffure à large nodus frontal, caractéristique du dernier tiers du Ier siècle av. J.-C. 

 

IMG_4797.jpg

Tête d'Antonia Minor.

Antonia Minor (36 av. J.-C. - 37 ap. J.-C.) fille cadette de Marc Antoine et d'Octavie, épouse de Drusus l' Ancien, mère de Germanicus et de Claude, grand-mère de Caligula.

 

IMG_4795.jpg

Tête d'Agrippa Posthumus.

Agrippa Posthumus (12 av. J.-C.-14 ap. J.-C.) , fils cadet d'Agrippa et de Julie. Adopté par Auguste en 4, rival possible de Tibère pour l'accès au sommet de l'Empire, il fut assassiné sur l'ordre de ce dernier dans une villa de Campanie ou il avait été relégué.

 

IMG_4799.jpg

Tête colossale d'Antonin le Pieux.

Antonin le Pieux (86-161), empereur de 138 à 161. L'oeuvre, inachevée, porte de nombreuses traces d'outils (pointe, trépan, gradine, ciseau). Elle était prévue pour prendre place sur une statue colossale de l' empereur dont le règne marque l'apogée de l'Empire. Antonin le Pieux était issu d'une famille originaire de Nîmes.

 

IMG_4786.jpg

Tête de Livie.

Livie (58 av. J.-C.-29 ap. J.-C.), épouse en secondes noces d'Auguste, mère de Tibère et de Drusus l'Ancien. La coiffure en bandeaux ondés ramenés vers un chignon renvoie à la statuaire idéale grecque. Elle n'apparut qu'après la mort d'Auguste sur les portraits de Livie, lorsque celle-ci devint prêtresse du culte de Divus Augustus.

 

IMG_4801.jpg

Tête d'une petite fille (Agrippine l'Ancienne ?).

Dernier tiers du Ier s. av. J.-C. La coiffure de la fillette, proche de celle de Julie, avec le "nous" frontal prolongé d'une natte, permet de dater l'oeuvre de la fin du Ier s. av. J.-C. 

 

A l'origine il ne s'agissait pas de bustes mais de statues en pied. Ce groupe statuaire devait être encore plus important à l'époque. Exposé sur le forum, la grande place publique de l'antique Béziers, il s'est constitué tout au long des règnes d'Auguste et de Tibère, au Ier siècle de notre ère, par apports successifs. L'excellente conservation du marbre permet d'imaginer les statues à l'intérieur d'un édifice et non sur la place elle-même.

En se faisant représenter entouré de ses proches, à Rome et sur les forums des cités provinciales, Auguste veut affirmer sa volonté de voir régner sa descendance. Cette volonté sera perpétuée par ses héritiers.

 

Notice à partir des documents du Musée Saint-Raymond de Toulouse. Les statues de Béziers sont visibles au 2ème étage dans la salle Tolosa en Narbonnaise.

Place Saint-Sernin

31000 Toulouse

www.SaintRaymond.toulouse.fr

 

 

 

 

 

 

15/01/2011

Le Musée Saint-Raymond à Toulouse

Le musée Saint-Raymond également appelé musée des Antiques de Toulouse est installé à proximité de la basilique Saint-Cernin dans un ancien collège édifié au XVIe siècle. Il conserve et met en valeur un ensemble archéologique qui compte parmi les plus importants de France. Sur trois niveaux vous y découvrirez la cité romaine de Tolosa, les sculptures romaines de la villa de Chiragan et les vestiges d'une nécropole de la fin de l'Antiquité.

 

IMG_4757.JPG

La basilique Saint-Cernin.

 

IMG_4815.JPG

Le musée Saint-Raymond (bâtiment classé Monument historique).

 

IMG_4775.JPG

Salle d'exposition consacrée à Toulouse romaine.

 

Au 2ème étage du bâtiment on découvrira Tolosa en Narbonnaise, le Toulousain à l'époque Gauloise et Toulouse à la fin de l'Antiquité. Au premier étage c'est plusieurs dizaines de sculptures en marbre que l'on découvrira. Toutes ces oeuvres proviennent de Martres-Tolosane un village situé à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Toulouse. Une immense villa gallo-romaine y a été découverte au lieu-dit Chiragan en bordure de la Garonne. C'est après la Villa d'Hadrien en Italie la plus luxueuse villa antique connue en Europe, elle était située dans une enceinte de 16 hectares et fut occupée du I au V ème siècle de notre ère. Enfin au sous sol du bâtiment, les vestiges de la nécropole qui s'est développée, à la fin de l'Antiquité, autour de la tombe de Saint Saturnin (Sernin) sont conservés "in situ". Plusieurs sarcophages richement ornés sont présentés ainsi que des inscriptions chrétiennes. Un four à chaux ayant été découvert dans les fouilles effectuées dans le sous sol du musée avant son réaménagement a été conservé et présenté tel qu'il a été découvert. Il est daté entre le milieu du Ve et le milieu du VIe siècle. Il a fonctionné dans la nécropole, les restes de son dernier chargement, incomplètement cuit, montrent que la chaux était produite à partir de fragments de sarcophages en marbre.

 

IMG_4808.JPG

Au premier plan, torque et anneau de cheville gaulois en or découverts en 1885 dans une vigne à Lasgraïsses Tarn, IIIe s. av. J.-C.

 

IMG_4812.JPG

Cinq torques gaulois en or découvert en 1841 à Fenouillet (Haute-Garonne) IIIe s. av. J.-C.

 

IMG_4776.jpg

Morceau de jambe gauche en bronze découvert dans la Garonne (époque romaine).

 

IMG_4813.jpg

Seau en bois d'if et cerclages de bronze martelé Vieille-Toulouse Ie s. av. J.-C.

 

IMG_4773.jpg

Autel découvert à Toulouse en 1862 fin Ier s. av. J.-C.

 

IMG_4778.jpg

Chapiteaux et colonnes, Toulouse ancienne église de la Daurade, IVe ou Ve siècle.

 

IMG_4765.JPG

Salle consacrée à la villa de Chiragan.

 

IMG_4768.JPG

Quelques bas-reliefs de la villa de Chiragan.

 

IMG_4766.JPG

Petites sculptures découvertes à Chiragan.

 

IMG_4764.JPG

Sarcophage de la fin de l'Antiquité.

 

IMG_4762.jpg

Four à chaux (milieu du Ve s. après J.-C. milieu du VIe s. après J.-C.).

 

Le musée Saint-Raymond est situé place Saint-Sernin. Il est ouvert au public tous les jours de 10h à 18h (jusqu'à 19h de juin à septembre).

Tél. 05 61 22 31 44

http://www.saintraymond.toulouse.fr/




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

08/01/2011

Exposition archéologique "Mines et métallurgie préhistoriques du midi de la France" à la Maison Gabriela Mistral à Montpellier

Depuis plusieurs années le Conseiller général de l'Hérault soutient financièrement les opérations archéologiques qui sont menées dans le district minier de Cabrières-Péret et qui sont placées sous le contrôle scientifique de Paul Ambert, directeur de recherche au CNRS. Le service Patrimoine du Conseil général de l'Hérault a souhaité présenter dans ses locaux de la Maison Gabriela Mistral à Montpellier une exposition archéologique qui présente les principaux acquis de ces recherches archéologiques.

IMG_4753.JPG

 Vue générale de l'exposition.

 

IMG_4735.JPG

Panneaux d'exposition et film diffusé en boucle.

 

IMG_4737.jpg

Vitrine présentant l'outillage des mineurs et des métallurgistes préhistoriques.

 

IMG_4748.JPG

Panneau sur les mines et la métallurgie préhistoriques du sud de la France.

 

IMG_4749.jpg

Les mines de Cabrières-Péret.

IMG_4736.jpg

Le site métallurgique de la Capitelle du Broum.

Cette exposition a été inaugurée le 6 janvier 2011, elle est ouverte au public durant tout le mois de janvier. L'inauguration s'est déroulée en présence de Jacques Atlan Vice président du Conseil général de l'Hérault délégué à la culture, Louis Villaret Vice président délégué au tourisme, Marc Lugand et Jean Gence du service Patrimoine et culturel au Conseil général de l'Hérault. Etaient également présents parmi les nombreux invités, Henri Marchesi Conservateur régional de l'archéologie et Philippe Galant Technicien de recherche à la DRAC ayant en charge les cavités souterraines, Jean Valcarcel Directeur de l'UFR Odontologie, Université de Montpellier I. Plusieurs membres de l'équipe de recherche du PCR Mines et métallurgie préhistoriques du Midi de la France étaient également présents dont Marie Laroche qui dirige le chantier de fouilles de La Capitelle, Noël Houlès président des associations Les amis de Cabrières et ASPAHC, Alain Boutier, Albert Colomer, Bernard Beaumes ainsi que leur directeur de recherches Paul Ambert qui fit l'historique des recherches dans le secteur minier de Cabrières-Péret, commenta l'exposition, et présenta au public quelques projets futurs de recherches.

 

IMG_4750.jpg

Gobelet campaniforme.

 

IMG_4739.JPG

Mobilier archéologique des grottes de Cabrières et Péret.

 

IMG_4745.JPG

Urne Bronze ancien mine de la vierge, Cabrières.

L'exposition se présente sous la forme de huit panneaux, trois vitrines ainsi qu'un film documentaire. Le premier panneau (Paul Ambert) présente les travaux du PCR Mines et métallurgie, le second (Jean Louis Guendon) présente les mines préhistoriques, deux panneaux (Marie Laroche) sont consacrés au site métallurgique de la Capitelle, deux panneaux (Maïténa Sohn) présentent la grotte 4 du Rhino et deux panneaux (Jean Marc Patard) présentent les études odontologiques. 

 

Exposition à la Maison Gabriela Mistral 535 rue du Pilory à Montpellier durant tout le mois de janvier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16/12/2010

Conférence "Le paysage lagunaire et son évolution" au Musée de Lattes

 

visuel conf ch jorda 2.JPG

Dans le cadre de l'exposition Les objets racontent Lattara jeudi 16 décembre 2010 à 18h30 conférence au Site archéologique Lattara-musée Henri Prades "Le paysage lagunaire et son évolution" par Christophe Jorda INRAP.

Ville portuaire, à l'embouchure d'un fleuve se jetant dans une lagune, Lattara apparaît bien différente dans son environnement actuel : un site entouré de terres, dans un paysage que l'urbanisation rend peu lisible. A quoi pouvait bien ressembler le milieu dans l'Antiquité ? Quelles sont les étapes de transformation du paysage ?

Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

Site archéologique Lattara-Musée Henri Prades

390 avenue de Pérols 34970 Lattes (04 67 99 77 20)

museearcheo.montpellier-agglo.com

 

13/12/2010

Une tête antique découverte à Castelnau de Guers (Hérault)

Cette tête antique représente un personnage masculin. Elle se trouvait fichée dans la façade d'une habitation située rue Tartare à Castelnau de Guers. A la suite d'un héritage et avant la vente de l'habitation elle a été retirée de la façade et se trouve aujourd'hui chez un collectionneur privé à Pomérols.

 

IMG_4533.jpg

Tête antique de Castelnau de Guers, vue de face.

 

IMG_4532_2.jpg

Vue du profil gauche.

 

IMG_4535_2.jpg

Vue du profil droit.

 

IMG_4536.JPG

Détail de la chevelure.

La tête a été sculptée dans un calcaire. Elle mesure 0,31 m de haut, 0,19 m de large et son épaisseur est de 0,22 m. Sa face a été retaillée à la période moderne. Elle n'a fait jusqu'à présent que l'objet d'une citation dans la revue archéologique Gallia en 1969 par Michel Christol. Son étude par un spécialiste de la statuaire antique reste à faire, ce qui nous permettrait de savoir si on doit la placer dans le Haut Empire ou le Bas Empire romain. Nous ne connaissons pas l'origine de sa provenance, mais nous pensons qu'il est probable que le propriétaire de la maison dans laquelle elle était fichée l'ait découverte dans une terre lui appartenant (défonçage d'une vigne) sur la commune même ou ses environs. On connait en effet de nombreux habitats antiques qui ont été recensés sur Castelnau de Guers et sur les communes voisines de Florensac, Pomérols, Pinet et cette sculpture antique pourrait provenir de l'un d'entre eux.

 

 

Comme nous l'avons souligné, cette sculpture se trouve dans la collection d'un particulier. Souvent lorsqu'un collectionneur disparait, ses collections sont dispersées voire jetées à la décharge. Cela est malheureusement arrivé dans notre commune. C'est pour ces raisons que nous avons fait établir un devis pour faire un moulage de la tête antique de Castelnau de Guers afin d'en garder une trace et de l'exposer au public. Il nous reste maintenant à rassembler grâce à des dons, la somme de 1500 € pour faire exécuter ce moulage (chèques à l'ordre de ASPAHC association 8 bis place de la mairie 34120 Castelnau de Guers).

 

 

 

 

 

 

05/12/2010

Dolmens de la commune du Caylar (Hérault)

Jusqu'à présent je vous ai présenté des monuments mégalithiques qui étaient bien conservés. Il existe aussi dans notre région des dizaines de dolmens ruinés qui n'ont pas fait l'objet d'études approfondies. On ignore donc s'ils ont livré du mobilier, et il est fort  probable que certains n'ont même pas fait l'objet de fouilles. Voici quelques dolmens qui sont situés dans le Larzac méridional sur la commune du Caylar. Vous verrez qu'il n' est pas toujours aisé pour un non spécialiste de les repérer. Leur localisation ne sera pas communiquée car ils sont situés dans une propriété privée dont l'accès est interdit.

 

IMG_1700.JPG

Dolmen dont on aperçoit une dalle latérale et la dalle de chevet.

 

IMG_1718.JPG

Dalles latérales d'un second dolmen.

 

IMG_1721.JPG

On devine ici un troisième dolmen dont les dalles latérales sont très érodées.

 

IMG_1732.JPG

Ici aussi les dalles latérales nous indiquent l'emplacement d'un dolmen.

 

IMG_1735.JPG

Autre mégalithe ruiné dont on voit la dalle latérale gauche qui a basculé vers l'intérieur de la chambre et la dalle latérale droite très érodée.

 

IMG_1736.JPG

Autre dolmen ruiné.

 

IMG_1714.JPG

Dolmen 4 du Mas d'Aussel.

Ce dernier mégalithe est bien plus lisible que les précédents. Il est situé à proximité d'un col. On observe de part et d'autre de la chambre des murets en petit appareil. L'entrée de la chambre est marquée de part et d'autre par une dalle de champ.

 

IMG_1713.JPG

Muret en petit appareil du dolmen 4 du Mas d'Aussel.

Situés sur un sommet ou sur une pente, ces mégalithes sont très ruinés. Plusieurs facteurs en sont la cause, d'une part le matériau utilisé, un calcaire dolomitique friable mais également l'action climatique, le gel et les pluies acides. Bien souvent les dalles de couverture des dolmens ont été récupérées par l'homme et réutilisées, ce qui a eu pour conséquence d'accélérer le processus de dégradation des mégalithes. Même ruinés les monuments mégalithiques présentent un intérêt pour l'archéologue. C'est pour cela qu'il convient d'en dresser l'inventaire pour assurer leur étude et leur protection.

 

 

 

 

 

 

 

10/10/2010

La gravure pariétale paléolithique de la vache dans la grotte de Laroque II (Hérault)

C'est en 1967 que le préhistorien Michel Lorblanchet a découvert en examinant attentivement les parois d'une des grottes situées sur la commune de Laroque (à proximité de Ganges) une fine gravure de bovidé qui est associée à des signes et des traits. La cavité est classée à l'inventaire des Monuments historiques depuis 1990. Il s'agit de l'unique site de l'Hérault recélant des traces d'art pariétal du Magdalénien supérieur.

IMG_4198.JPG

L'entrée de la grotte de la vache

La grotte est située sur la rive gauche de la gorge que le fleuve Hérault a creusée dans le massif jurassique du Thaurac en aval de Ganges. Son entrée se trouve à environ 80 m au-dessus du lit de l'Hérault. La cavité est connue depuis 1664,  elle a été fouillée à plusieurs reprises, notamment par P.Gervais et Cazalis de Fondouce. Ce n'est qu'en 1905 qu'un article sommaire rendant compte de ses recherches est publié par E Gimon dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française. Il fait état de 1500 pièces lithiques et d'une douzaine d'instruments en os découverts sur le site. Ce mobilier qui est déposé au musée de Nimes a été reétudié par G. Ravoux et publié en 1966 dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française. Il attribue au Magdalénien V l'ensemble de l'outillage découvert. En 1955 A. Nourrit a effectué des sondages dans le porche de la grotte. Il a découvert quelques pièces solutréennes dont une feuille de laurier. Il a également découvert de l'industrie du Magdalénien supérieur sur un mètre d'épaisseur. Cela démontre l'existence de plusieurs niveaux dans la cavité. En 1979 F.Bazile a réalisé une fouille de sauvetage dans le couloir de la grotte ou subsistaient encore quelques témoins des dépôts ayant livré le Magdalénien supérieur. Deux niveaux d'habitat ont été mis en évidence par la fouille, séparés par un petit niveau caillouteux stérile. Le niveau 1 fossilisé par un plancher stalagmitique a livré quelques lamelles à dos et un grattoir. Il correspond vraisembablement au Magdalénien supérieur fouillé par E.Gimon. Le niveau 2 a aussi livré quelques lamelles à dos et de l'outillage en os avec plusieurs fragments de sagaies. On pourrait le rattacher au Magdalénien moyen.

plan.jpg

Plan de la cavité

Cette petite cavité a une longueur de 18 m et sa largeur varie de 2 à 4 m. C'est dans le porche qui est bien éclairé par le jour que la gravure paléolithique a été découverte sur la paroi droite formant banquette et à 1 m au-dessus du sol de la grotte. Une fine pellicule de calcite recouvrait la gravure, ce qui en assurait l'authenticité.

IMG_4193.JPG

Emplacement de la gravure sur la paroi lissée par le passage des hommes et des animaux, au centre de la photo

La figure représente un bovidé de 40 cm finement gravé, de profil, la tête tournée vers l'intérieur de la grotte. Si volontairement le mufle de l'animal est très schématique en revanche la patte arrière est d'un réalisme parfait. De par son allure générale M. Lorblanchet situe cette gravure vers le sommet de l'art pariétal. Cet auteur a également relevé sur la paroi des signes et traits associés à la gravure du bovidé. On citera notamment un signe en pointe de flèche ou blessure sur le cou du bovidé, placé derrière l'oreille, en haut de l'encolure. Quelques traits gravés en avant du bovidé dont les incisions sont plus fines encore que celles du bovidé sont difficilement lisibles.

IMG_4180_2_2.JPG

La gravure paléolithique de la vache, grotte  de Laroque

IMG_4180.JPG

Ce que l'on distingue très nettement de la gravure

vache-aaa.jpg

Relevé des gravures effectué par M. Lorblanchet

IMG_4179.JPG

Détail de la tête du bovidé de Laroque

 

IMG_4184 - copie.jpg

La patte arrière du bovidé de Laroque

 

gggggg.jpg

Industrie lithique de la grotte de Laroque, burins, grattoirs

M. Lorblanchet souligne l'originalité des gravures de Laroque. Elles peuvent être datées du Magdalénien récent par leur style et par le type des signes associés qui n'ont aucun similaire parfait, ni dans la région méditerranéenne ni dans la zone franco-cantabrique. Comme le suggérait il y a plus de quarante ans M. Lorblanchet je suis depuis longtemps convaincu que l'on devrait examiner avec attention les parois des grottes qui ont livré de l'industrie paléolithique dans notre région car d'autres découvertes de gravures pariétales ne sont pas à exclure. Je suis également persuadé qu'on découvrira un jour dans le département de l'Hérault ou du Gard une grotte recélant des peintures préhistoriques comme à Lascaux ou à Chauvet.

 

Solutréen: c'est l'une des dernières phases du Paléolithique supérieur, période extrêmement froide et sèche de la dernière glaciation dont les datations sont comprises entre environ 22000 et 17000 ans avant notre ère.

Magdalénien: c'est la dernière phase du Paléolithique supérieur que l'on date entre 17000 et 10000 ans avant notre ère.

Feuille de laurier: outil préhistorique de pierre taillée caractéristique de la période du Solutréen.

 

Bibliographie:

P.Gervais. - Zoologie et paléontologie générales, p. 49

E. Gimon. - Une grotte magdalénienne à La Roque, B.S.P.F., 1905

M. Lorblanchet. - Découverte de gravures pariétales paléolithiques dans la grotte de La Roque, B.S.P.F., 1967

G. Ravoux.- La grotte magdalénienne de La Roque, B.S.P.F., 1966

J.L. Roudil.-Informations Gallia Préhistoire, volume 23, 1980

100px-Biface_feuille_de_laurier.JPG

Feuille de laurier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

05/10/2010

Sortie à Ampurias

Voici un compte-rendu en images de notre sortie à Ampurias fin septembre. Pour l'historique du site voir ma note précédente. J'espère que ce reportage photo vous donnera envie d'aller visiter ce site extraordinaire. De nouvelles recherches archéologiques ont lieu sur le site qui a fait l'objet de nouveaux aménagements (signalétique trilingue, restaurations).

IMG_4456.JPG

Système de filtrage de l'eau utilisant des amphores

IMG_4457.JPG

Nous observons des citernes

IMG_4458.JPG

Visite de la cité grecque avec en toile de fond la baie de Rosas

IMG_4459.JPG

Statue d'Asklépios-Esculape le dieu de la médecine dans la Grèce antique

IMG_4460.JPG

Notre groupe devant une mosaïque de la période Grecque

 

IMG_4462.jpg

Vitrine avec au fond à gauche dépôt de bronzes trouvés à Sant Marti d'Empuries 9 e siècle BC, devant à gauche céramiques de la nécropole Parralli près d'Ampurias, âge du bronze 8 e- 7 e siècle BC, à droite céramiques de Sant Marti d'Empuries 650-575 BC

IMG_4466.JPG

Mobilier de la nécropole à incinération de Vilanera 650-575 BC

IMG_4468.JPG

Objet d'habillement personnel de la période Grecque

IMG_4475.JPG

Emblème de mosaïque polychrome du Ier s. BC représentant le sacrifice d'Iphigenia

 

IMG_4480.jpg

Cratère grec

IMG_4487.jpg

Sculpture grecque du IIe siècle av. J.-C représentant Asklépios dieu de la médecine

IMG_4482.JPG

Détail de la chaussure

Après avoir déambulé dans la partie grecque du site et vu le musée archéologique, nous terminons la visite par la découverte de la cité romaine.

IMG_4494.JPG

Sol pavé de marbre

IMG_4500.JPG

Quartier des "domus" (demeures des classes aisées)

IMG_4497.JPG

Autre vue des domus

IMG_4490.JPG

Sol mosaïqué d'une domus

IMG_4492.JPG

Autre sol mosaïqué

IMG_4493.JPG

Sol mosaïqué orné de swatiskas

IMG_4518.JPG

Porte sud d'entrée de la ville romaine

IMG_4513.JPG

Tronçon de l'enceinte antique rectangulaire qui entoure le site romain

IMG_4511.JPG

Mode de construction de l'enceinte antique

IMG_4508.JPG

Vue du forum (place publique)

Le site d'Ampurias se visite tout au long de l'année, pour plus de renseignements : museo_de_arqueologia_de_cataluna-empuries.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

03/09/2010

visite du site archéologique d'Ampurias

 

Ampurias-001.jpg

L'association de sauvegarde du patrimoine ASPAHC organise une sortie en bus en Espagne le dimanche 26 septembre 2010. Au programme le matin visite su site archéologique d'Ampurias et du musée, l'après midi arrêt shopping au Perthus.

Le site: Ampurias est un port antique gréco-romain qui est situé sur la commune de L'Escala province de Gérone en Catalogne. Le site archéologique présente en réalité trois ensembles radicalement différents et séparés géographiquement, correspondant à trois étapes distinctes d'occupation :

  • la Paléopolis, cité des fondateurs
  • la Néapolis, nouvelle ville grecque
  • la ville romaine, située en hauteur
  • La période grecque

    Vers -600, les Phocéens, venant de la cité grecque de Phocée, en Ionie (Asie mineure), fondent les villes de Massalia (Marseille) et Alalia (Aléria, Corse).

    Entre -585 et -575, ces colons partent de ces nouvelles cités pour fonder d'autres comptoirs, comme Emporion (Ampurias).

    La Paléopolis

    Ces fondateurs phocéens choisissent de s'établir sur une île proche de la côte, de dimensions modestes et facile à défendre, dominant une anse aménageable en port, ce qui est loin d'être un cas isolé en Méditerranée : Syracuse, Tarente et bien d'autres cités présentent ce caractère géographique au moment de leur fondation.

    Cette Paléopolis - nom donné par les archéologues - ancien îlot aujourd'hui rattaché au continent par l'envasement du port antique, reste mal connue, car occupée en totalité par le village de Sant Martí d'Empúries. Très peu de fouilles ont pu être entreprises en cet endroit habité et très resserré. Elles ont révélé quelques vestiges romains et médiévaux, ainsi qu'une courte section d'enceinte grecque, probablement du -IVe siècle.

    La Néapolis

    En -546, les habitants de Phocée sont chassés de leur cité ionienne détruite par les conquérants perses de Cyrus le Grand. Forcés de se replier vers leurs colonies, ils affluent, parmi celles-ci, vers Emporion : l'îlot fondateur se trouve alors surpeuplé, et les nouveaux habitants vont s'établir de l'autre côté du port, dans des maisons à la grecque, faites de petites pièces construites selon la place disponible : cela finit par former des ruelles, une nouvelle ville (que les archéologues nomment la « Néapolis »), et crée le besoin de se protéger par une enceinte digne de ce nom.

    Le visiteur moderne entre donc dans le site par une porte de cette nouvelle enceinte grecque, d'aspect très redoutable, avec ses tours et murailles en grand appareil. Puis il parcourt le dédale des ruelles, rencontrant un habitat simple et accueillant : l'entrée des maisons conserve des mosaïques de petits galets, parfois avec des paroles de bienvenue encore lisibles, comme cet « HY KOITOS » (èdu koïtos), qui signifie en grec « agréable repos ».

    La période romaine

    Emporion, de par sa parenté et ses relations avec Massalia, se trouvait aux IIIe et IIe siècle av. J.-C. une cité alliée aux Romains. Scipion l'Africain, débarqua à Emporion en -218 avec l'intention de couper l'arrière-garde de l'armée d'Hannibal qui s'avançait vers l'Italie. C'est aussi à partir d'Emporion que Caton l'Ancien, en -195, pacifie les indigènes de toute la région.

    Puis la ville finit par perdre son autonomie, et l'installation des vétérans de Pompée, en -45, en fait la très romaine Emporiæ.

    La ville romaine d’Ampurias

    La ville romaine est bien différente des deux premiers établissements grecs, qui continuent cependant à vivre. On imagine bien les artisans et le petit peuple du port s'activant dans les ruelles basses sous le regard des riches négociants romains établis en hauteur dans leurs vastes et somptueuses villas.

    Cette nouvelle ville romaine est établie sur le large plateau qui domine le port et l'établissement grec. À peine un cinquième de l'ensemble romain a été fouillé : on y voit de vastes pièces, avec de luxueuses mosaïques de sol à décors artistiques souvent polychromes. La ville est à son apogée aux Ier et IIe siècles.

    On découvre encore un forum, avec huit petits temples et un macellum (marché couvert). Les larges rues rectilignes et orthogonales (cardo, decumanus), sont parfaitement tracées.

    L'enceinte romaine d’Ampurias

    L'enceinte romaine a de quoi surprendre le visiteur, d'abord par son excellent état de conservation - sur tout le côté sud, on la suit de toute sa hauteur sur une longueur de plus de 300 m -, mais surtout par l'originalité de sa structure : trois assises en grand appareil dignes des plus puissantes murailles grecques, surmontées d'une très originale structure en béton entièrement creuse et couverte, que l'on peut parcourir intérieurement. 

    L'amphithéâtre d’Ampurias

    L'amphithéâtre, extérieur à la muraille  est très modeste, mais bien lisible au sol : on voit bien la forme assez allongée de l'arène, ainsi que les murs rayonnants des fondations de la cavea.

    Le port antique d’Ampurias

    Le port antique est situé entre les deux villes grecques. Il est totalement ensablé, mais présente un môle antique d'une longueur de 80 m environ. Le môle est constitué d'un double parement en grand appareil (opus quadratum) avec remplissage en mortier (opus caementicium).

    Du fait de la forte exposition du port aux houles d'Est, on peut imaginer la présence impérative d'un brise-lames pour protéger les quais du port. Selon J.M. De La Pena ce môle protégeait un canal reliant le "vieux port" (phocéen) au Nord et le "nouveau port" (romain) au Sud.

    On distingue par ailleurs des restes submergés du port antique sur les photos aériennes.

    Ampurias du Moyen Âge à nos jours

    La ville est détruite à la fin du IIIe siècle par une invasion venue du nord, à l'origine de la basilique paléochrétienne visible de nos jours, siège d'un épiscopat wisigothique. Cet établissement est à son tour saccagé par une invasion normande.

    Les musulmans arrivent en 718 et trouvent des habitants dans l'ancien îlot fondateur qui supporte encore le village actuel. Ils l'occupent donc un temps, puis ce furent les Francs, et Charlemagne, qui établit là une garnison solide. C'est ainsi, nous dit Eginhard (tome I) que le comte Ermengol mit les musulmans en déroute, capturant huit navires et repoussant les autres vers Majorque.

    L'endroit étant devenu peu à peu insalubre, les populations des alentours se regroupèrent pour fonder, à 15 km vers le nord, la cité épiscopale de Castelló d'Empúries, où l'on vit se construire une magnifique cathédrale, d'abord romane, puis gothique.

    Des moines, établis sur le site antique, fondèrent le couvent de Sainte Marie de Grâce, au-dessus de la Néapolis, là où se trouve actuellement le musée monographique.

    Visite du musée d’Ampurias

    Les fouilles archéologiques ont commencé à la fin du XIXe siècle. Elles se poursuivent encore de nos jours : le musée présente le mobilier découvert dans les trois parties de la cité, ainsi que des expositions thématiques.

    Au centre de la salle principale est exposé le grand cratère à figures rouges du IVe siècle av. J.-C. montrant une ménade poursuivie par un satyre, dans le style du peintre de Capoue.

Renseignements et inscriptions : Départ en bus dimanche 26 septembre à 8h30 place de la mairie de Castelnau-de-Guers, le matin visite du site d'Ampurias et du musée archéologique, pique nique à emporter, l'après midi arrêt shopping au Perthus et retour vers 18h00. Prix 22 € par personne. La visite d'Ampurias 2,40 € à régler sur place (gratuit pour les + de 65 ans). Règlements par chèque à l'ordre de ASPAHC 8 bis place de la mairie 34120 Castelnau-de-Guers.