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13/12/2014

Conférence "La Monédière" site archéologique à Bessan Hérault

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Le site de la Monédière à Bessan est situé sur une petite terrasse alluviale de forme trapézoïdale qui domine d'une dizaine de mètres la vallée inondable du fleuve. Le site est connu de longue date d'après les premières fouilles qui ont été effectuées en 1935 par J. Coulouma.

Le matériel archéologique issu de ces recherches a fait l'objet en 1970 d'une thèse de 3e cycle par J.-J Jully "La céramique attique de la Monédière" collection du Docteur Coulouma à Béziers.

En 1972-73 André Nickels effectua de nouveaux sondages sur le site et en 1974 une fouille plus étendue lui a permis de découvrir  des maisons à abside de la deuxième moitié du 6e siècle avant J.-C. 

En avril 2014 une fouille préventive a été menée sur le site par la société Chronoterre (basée à Mauguio)  sur prescription de la  DRAC, préalablement à la construction de logements. 

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Murs d'habitation.

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Grand fossé.

Vendredi 19 décembre 2014 le résultat de ces recherches sera présenté par Alexandre Beylier à 18h30 à la salle du conseil de la mairie de Bessan.

05/12/2014

Une nécropole du premier âge du fer découverte à Cournonterral (34)

 

Sur la commune de Cournonterral, à une dizaine de kilomètres au sud ouest de Montpellier une fouille préventive a été prescrite par le service régional de l'archéologie (DRAC Languedoc-Roussillon) en amont de la construction d'un lotissement. Les sondages effectués au cours du diagnostic archéologique ont permis d' identifier une occupation humaine depuis le néolithique. Le site a également été occupé au premier âge du fer et à l'époque romaine. Des silos, des grandes fosses, des fossés et des trous de poteaux illustrent l'occupation du site entre le Ve et le IIe siècle avant notre ère. Par la suite un chemin associé à des sépultures du IIIe siècle révèle une occupation de l'Antiquité.

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Une tombe-bûcher du premier âge du Fer. et sa base empierrée.

Ces recherches archéologiques menées par l'INRAP ont permis de réaliser une découverte exceptionnelle, une nécropole du premier âge du Fer datée du VIIe siècle avant notre ère dans un état de conservation remarquable puisque même le sol de circulation de l'époque a été préservé. 

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Fouille d'une tombe-bûcher, prélèvement en cours.

La fouille de cette nécropole, sous la responsabilité du chercheur Florent Mazière a mis en évidence deux types de sépultures, des tombes composées d'un simple vase ossuaire et des "tombes bûcher" d'un type inédit en Languedoc-Roussillon. Ces sépultures sont marquées par des empierrements rectangulaires qui forment l'assise du bûcher, longs de 2 m, larges de 0,80 m et hauts de 0,25 m. Des centaines d'os brûlés, restes de la crémation se trouvent entre les pierres.

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Fouille d'une tombe-bûcher.

Le mobilier associé à ces ossements se compose d'objets de parure (bracelets, anneaux,perles, en alliage cuivreux et en ambre) d'armes (épées, pointes de lances en fer) et des objets de la vie quotidienne (fusaïoles) qui nous renseignent sur le sexe et le statut social des morts. On a ici affaire à un groupe particulier, sans doute l'élite de cette communauté. Des os d'animaux et des vases sont également placés dans le bûcher ou ses abords. La forme des récipients évoque surtout des services de boisson (coupelles, gobelets, cratères). Ces objets reflètent la complexité des gestes funéraires (libation, banquet...). Chaque "tombe-bûcher" est dotée d'un vase ossuaire enfoui dans la tombe qui était recouverte d'un tumulus de terre.

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Vases en céramique associés aux tombes.

La nécropole des Joncasses se distingue des autres ensembles funéraires de la région par la présence de structures à vocation cultuelle, au premier rang desquelles un enclos fossoyé. D'une superficie de 100 m2 environ, muni d'une palissade, il est doté d'une très petite entrée soulignée par d'imposants poteaux lui conférant un caractère monumental. La forme de l'enclos (ovale allongé) renvoie à des modèles septentrionaux (Landgraben), très rarement attestés au sud de la Loire.

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Vue aérienne de l'enclos funéraire.

Sources : INRAP, photographies Cécile Martinez, Florent Mazière (INRAP).

 

03/12/2014

Aragon (Aude) et son patrimoine

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Vue du castrum.

La commune d'Aragon est situé dans le département de l'Aude dans le Cabardès, à 13 km au nord ouest de Carcassonne, à 16 km des châteaux de Lastours non loin de l'ancienne mine d'or de Salsigne et à 18 km de Saissac et de son château classé du Xe siècle.

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Vue aérienne prise de l'ouest.

Aragon est un village classé qui a été bâti sur un éperon rocheux au confluent de deux vallées étroites. Le castrum des seigneurs d'Aragon (XIIe) s'est développé après la croisade (XIIIe XIVe siècles) et au XVIe. Acquis à la cause cathare, c'était l'ancien siège de l'évêque cathare Bernard de Simorre. Cette commune de cinq cent habitants a un riche patrimoine qu'elle a su valoriser avec la création  d'un musée des vieux outils vignerons, de l'Espace Pierre Sèche et Architecture Rurale (EPSAR) d'un espace aménagé de "l'Hort del Riton" et de sentiers de découverte de la botanique et du paysage de la garrigue et pierre sèche.

 

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Le château.

Le château d'Aragon est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques. Il ne reste qu'un fragment de mur de l'édifice médiéval, l'édifice actuel date de la fin du XVIe et début du XVIIe.

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L'église Sainte-Marie.

L'église Sainte-Marie est attestée au XIIe, elle a été reprise et l'édifice qu'on peut voir aujourd'hui, de style gothique méridional, date du début du XIVe. Elle possède un chevet pentagonal et ce qui en fait sa renommée c'est sa charpente peinte qui a été redécouverte en 1988 à l'occasion de travaux. 

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Vue de la charpente.

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Corbeaux peints.

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Fragment de corbeau peint.

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Même corbeau vu du côté droit. 

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Autre fragment de corbeau peint.

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Série de corbeaux peints avec écussons armoriés.

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Détail d'une planche peinte.

Le chantier de rénovation de la toiture de l'église a permis la découverte de cette charpente peinte dont certains éléments ont été sauvés in extrémis par un curé car ils allaient finir à la décharge ! Ainsi on peut aujourd'hui voir à l'intérieur de l'église des éléments de la charpente peinte qui sont datés du XIVe, (corbeaux et planches peintes). 

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Le jardin du curé et les stèles discoïdales.

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Stèle discoïdale, face ornée d'une truelle ?.

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Autre face ornée d'une croix latine.

Lors d'une réfection à l'époque moderne, 11 stèles discoïdes ont été trouvées dans l'ancien cimetière. Elles étaient intégrées dans le mur de clôture. Un espace engazonné a été emménagé devant l'église, "l'Hort del Riton", (jardin du curé) et présente des moulages des stèles. L'une d'elles présente sur une face de son disque une forme triangulaire, pointe dirigée vers le bas. Cette représentation pourrait suggérer le fer d'un outil court, une truelle de maçon, ou le soc d'une araire, appelée "relho". Sur son autre face une croix latine. La majorité des stèles porte une croix grecque évasée ou pattée.

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L'espace Pierre Sèche.

Situé à proximité de l'église, l'Espace Pierre Sèche et Architecture Rurale (EPSAR) est un petit musée et centre d'interprétation de la pierre sèche. Des panneaux, vitrines, maquettes et film présentent l'utilisation de la pierre sèche dans l'architecture rurale.

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 Projection de film.

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Maquette d'une cabane en pierre sèche.

La visite de l'Espace Pierre Sèche et Architecture Rurale sera un complément à la découverte du sentier Paysage de garrigue et Pierre sèche. Ce sentier permet de découvrir la pierre sèche à travers les aménagements anciens de mise en culture, murs de terrassements, capitelles, etc, mis en valeur à travers un parcours balisé avec panneaux explicatifs.

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Capitelle.

Dans le village d'Aragon on pourra y voir des vestiges de l'enceinte et dans le castrum d'un fossé sec, d'une tour de défense, de l'ancien logis seigneurial.

Des visites guidées pour les groupes sont organisées à l'année : renseignements auprès du conservateur de l'EPSAR Jean-Claude Rivière (06-11-04-16-19).