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22/09/2010

L'éléphant de Durfort (Gard)

On peut voir au Muséum national d'histoire naturelle de Paris le squelette d'un éléphant méridional (Mammuthus méridionalis)  qui a plus de quatre mètres de haut.  C'est un genre éteint d'éléphants que l'on classe parmi les mammouths. Il a été découvert en 1869 sur la commune de Durfort dans le Gard.

 

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Le lieu de la découverte

 

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Panneau rappelant la découverte

 

En novembre 1869 M. Cazalis de Fondouce allait explorer la grotte des Morts, située près du village de Durfort . A 1 km du village, il remarqua sur un tas de pierres des débris d'éléphant. Un cantonnier lui apprit qu'ils provenaient de travaux faits pour la rectification de la route et lui montra l'endroit de la découverte. On fit procéder à des fouilles et on exhuma les restes d'un éléphant, dont la plupart des os avaient été détruits. Bientôt un second squelette d'éléphant apparut et celui là était dans un excellant état de conservation. Cazalis de Fondouce recueillit la tête de l'éléphant et envoya une note à la Société géologique de France pour annoncer sa découverte. Lorsqu'il voulut reprendre les fouilles le propriétaire du terrain qui jusque là était désintéressé, voulut en tirer bénéfice. Il faut dire que cette découverte fit du bruit. De longues négociations s'engagèrent entre le propriétaire du terrain et M. Cazalis de Fondouce, interrompues par les évènements de 1870. Les fouilles purent enfin reprendre le 19 mai 1873 et le squelette fut extrait le 21 juin 1873. Il a ensuite être présenté au public en 1885.

 

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Crâne de l'éléphant de Durfort, l'Illustration 1873

 

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Le squelette de l'éléphant de Durfort, gravure de 1893

 

Ce gisement a livré une abondante faune de grands mammifères, on a pu dénombrer au moins 4 éléphants, 4 hippopotames, 5 bisons, 4 cerfs, 1 rhinocéros et un cheval. Il a été également découvert quelques restes d'un Canis de la taille d'un loup, un batracien, des restes de poissons ainsi que des plantes fossiles. En 1972 les recherches qui furent abandonnées à la fin du 19ème siècle furent reprises par Bonifay. Tout récemment A. Bonnet effectua deux tranchées d'une profondeur de 5 m à proximité du site ou avaient eu lieu les premières recherches. Des dents de micromammifères ont été découvertes ainsi qu'une dent de rhinocéros étrusque. Ces nouvelles récoltes effectuées dans la série fossilifère de Durfort confirment l'âge Pléistocène moyen ancien du gisement, c'est à dire entre 1 et 0,7 Ma et indiquent un dépôt survenu lors d'une période relativement tempérée.

 

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L'éléphant de Durfort dans la galerie de paléontologie du Muséum

 

Pour la petite histoire, les habitants de Durfort ont la gratuité à vie de l'entrée au Muséum national d'histoire naturelle.

 

Sources: A. Gaudry A., 1893. — L'éléphant de Durfort. Volume commémoratif du Centenaire de la fondation du Muséum, Paris. ...

Bonifay (E.) & Pons (A.). 1972. - Stratigraphie et âge du gisement pléisto- cène ancien de Durfort (Gard). C. R. somm. Soc. géol. Fr., 2 : 60-61.

Bonnet (A.). 2003. - Extension et stratigraphie des couches à Elephantidae du gisement de Durfort, Gard. Bull. Soc. Et. Sc. Nat. Nîmes et Gard, 64 : 31-36.

Bonnet (A.). 2005. - Nouvelles observations sur la disposition tectonique des couches à Eléphantidés de la cuvette de St-Martin de Sossenac à Durfort (Gard). Bull. Soc. Et. Sc. Nat. Nîmes et Gard, 65 : 16-21.

Brugal (J.-P.). 1995. - Le bison (Bovidae, Artiodactyla) du Pléistocène moyen ancien de Durfort (Gard, France). Bull. Mus. Nat. His. Nat., Paris, 4ème sér., 16 C (2-4) : 349-381.

Cazalis De Fondouce (M.). 1869. - Sur la rencontre de quelques ossements fossiles dans les environs de Durfort (Gard). Bull. Soc. géol. Fr., 27 (3) : 264-267.

Ellenberger (P.). 1974. - L’énorme bête de Durfort et ses témoins oculaires. Encyclopédie des Cévennes, n° 7: 8-25.

Aguilar (J.P.) Antoine (P.-O.) Bonnet (A.) Crochet (J.-Y.) Michaux (J.).- Compléments à la faune Pléistocène de Durfort (Gard, Sud de la France). Bull. Soc. Hist. Nat. Toulouse, 145, 2009, 55-58.

 

 

 

 

 

 

 

20/09/2010

Succes des journées du patrimoine à Castelnau-de-Guers et de l'hommage à Michel Christol

C'est un public nombreux qui a assisté à l'hommage qui a été rendu ce samedi à l'occasion des journées du patrimoine à notre compatriote Michel Christol professeur émérite à la Sorbonne.

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Le public devant les panneaux d'exposition

L'association du patrimoine ASPAHC a présenté une exposition qui retraçait le parcours de Michel Christol depuis son premier tablier d'écolier à l'école communale de Castelnau de Guers jusqu'à nos jours et la publication récente en avril dernier de son dernier ouvrage. Michel Christol a présenté une conférence sur le thème de "La place de Rome dans notre région" qui a passionné les nombreux auditeurs.

 

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Quelques mots d'introduction par le président de l'ASPAHC

 

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De gauche à droite Michel Christol, Stéphane Mauné archéologue CNRS, Noël Houlès président de l'ASPAHC, Michel Gaudy Conseiller général  du canton de Florensac et Jean Charles Sers Maire de Castelnau de Guers

 

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Michel Christol devant son auditoire

 

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Michel Christol découvrant sa médaille d'honneur

 

A l'issue de la conférence le président de l'ASPAHC remercia Michel Christol de sa présence à cette manifestation en son honneur. Le maire de Castelnau de Guers fut remercié pour avoir accepté de remettre la médaille d'honneur du village au conférencier sur proposition de l'association du patrimoine, ainsi que M. Michel Gaudy conseiller général du canton de Florensac, pour l'aide que le conseil général de l'Hérault apporte à l'ASPAHC. Un apéritif offert par la commune réunit le public pour partager le verre de l'amitié autour de notre invité Michel Christol.

 

 

 

14/09/2010

Journées européennes du patrimoine Hommage à Michel CHRISTOL

 

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Michel CHRISTOL est né à Castelnau de Guers. Aujourd'hui professeur émérite, Michel a consacré sa brillante carrière universitaire effectuée à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, à l'étude de l'Empire romain. Son oeuvre est considérable et internationalement reconnue.

A l'occasion des journées européennes du patrimoine 2010 l'association du patrimoine ASPAHC lui consacre une exposition qui sera visible à la salle du peuple de Castelnau de Guers, le samedi 18 septembre à partir de 14h30.

A 18h00 Conférence de Michel CHRISTOL "La place de Rome dans notre région".

Dédicace d'ouvrages

Apéritif offert par la municipalité et remise de la médaille d'honneur de la ville par le maire de Castelnau de Guers

Cette manifestation entre dans le cadre des journées européennes du Patrimoine, elle est organisée par l'association ASPAHC avec l'appui de la ville de Castelnau de Guers et du Conseil général de l'Hérault.

 

 

 

03/09/2010

visite du site archéologique d'Ampurias

 

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L'association de sauvegarde du patrimoine ASPAHC organise une sortie en bus en Espagne le dimanche 26 septembre 2010. Au programme le matin visite su site archéologique d'Ampurias et du musée, l'après midi arrêt shopping au Perthus.

Le site: Ampurias est un port antique gréco-romain qui est situé sur la commune de L'Escala province de Gérone en Catalogne. Le site archéologique présente en réalité trois ensembles radicalement différents et séparés géographiquement, correspondant à trois étapes distinctes d'occupation :

  • la Paléopolis, cité des fondateurs
  • la Néapolis, nouvelle ville grecque
  • la ville romaine, située en hauteur
  • La période grecque

    Vers -600, les Phocéens, venant de la cité grecque de Phocée, en Ionie (Asie mineure), fondent les villes de Massalia (Marseille) et Alalia (Aléria, Corse).

    Entre -585 et -575, ces colons partent de ces nouvelles cités pour fonder d'autres comptoirs, comme Emporion (Ampurias).

    La Paléopolis

    Ces fondateurs phocéens choisissent de s'établir sur une île proche de la côte, de dimensions modestes et facile à défendre, dominant une anse aménageable en port, ce qui est loin d'être un cas isolé en Méditerranée : Syracuse, Tarente et bien d'autres cités présentent ce caractère géographique au moment de leur fondation.

    Cette Paléopolis - nom donné par les archéologues - ancien îlot aujourd'hui rattaché au continent par l'envasement du port antique, reste mal connue, car occupée en totalité par le village de Sant Martí d'Empúries. Très peu de fouilles ont pu être entreprises en cet endroit habité et très resserré. Elles ont révélé quelques vestiges romains et médiévaux, ainsi qu'une courte section d'enceinte grecque, probablement du -IVe siècle.

    La Néapolis

    En -546, les habitants de Phocée sont chassés de leur cité ionienne détruite par les conquérants perses de Cyrus le Grand. Forcés de se replier vers leurs colonies, ils affluent, parmi celles-ci, vers Emporion : l'îlot fondateur se trouve alors surpeuplé, et les nouveaux habitants vont s'établir de l'autre côté du port, dans des maisons à la grecque, faites de petites pièces construites selon la place disponible : cela finit par former des ruelles, une nouvelle ville (que les archéologues nomment la « Néapolis »), et crée le besoin de se protéger par une enceinte digne de ce nom.

    Le visiteur moderne entre donc dans le site par une porte de cette nouvelle enceinte grecque, d'aspect très redoutable, avec ses tours et murailles en grand appareil. Puis il parcourt le dédale des ruelles, rencontrant un habitat simple et accueillant : l'entrée des maisons conserve des mosaïques de petits galets, parfois avec des paroles de bienvenue encore lisibles, comme cet « HY KOITOS » (èdu koïtos), qui signifie en grec « agréable repos ».

    La période romaine

    Emporion, de par sa parenté et ses relations avec Massalia, se trouvait aux IIIe et IIe siècle av. J.-C. une cité alliée aux Romains. Scipion l'Africain, débarqua à Emporion en -218 avec l'intention de couper l'arrière-garde de l'armée d'Hannibal qui s'avançait vers l'Italie. C'est aussi à partir d'Emporion que Caton l'Ancien, en -195, pacifie les indigènes de toute la région.

    Puis la ville finit par perdre son autonomie, et l'installation des vétérans de Pompée, en -45, en fait la très romaine Emporiæ.

    La ville romaine d’Ampurias

    La ville romaine est bien différente des deux premiers établissements grecs, qui continuent cependant à vivre. On imagine bien les artisans et le petit peuple du port s'activant dans les ruelles basses sous le regard des riches négociants romains établis en hauteur dans leurs vastes et somptueuses villas.

    Cette nouvelle ville romaine est établie sur le large plateau qui domine le port et l'établissement grec. À peine un cinquième de l'ensemble romain a été fouillé : on y voit de vastes pièces, avec de luxueuses mosaïques de sol à décors artistiques souvent polychromes. La ville est à son apogée aux Ier et IIe siècles.

    On découvre encore un forum, avec huit petits temples et un macellum (marché couvert). Les larges rues rectilignes et orthogonales (cardo, decumanus), sont parfaitement tracées.

    L'enceinte romaine d’Ampurias

    L'enceinte romaine a de quoi surprendre le visiteur, d'abord par son excellent état de conservation - sur tout le côté sud, on la suit de toute sa hauteur sur une longueur de plus de 300 m -, mais surtout par l'originalité de sa structure : trois assises en grand appareil dignes des plus puissantes murailles grecques, surmontées d'une très originale structure en béton entièrement creuse et couverte, que l'on peut parcourir intérieurement. 

    L'amphithéâtre d’Ampurias

    L'amphithéâtre, extérieur à la muraille  est très modeste, mais bien lisible au sol : on voit bien la forme assez allongée de l'arène, ainsi que les murs rayonnants des fondations de la cavea.

    Le port antique d’Ampurias

    Le port antique est situé entre les deux villes grecques. Il est totalement ensablé, mais présente un môle antique d'une longueur de 80 m environ. Le môle est constitué d'un double parement en grand appareil (opus quadratum) avec remplissage en mortier (opus caementicium).

    Du fait de la forte exposition du port aux houles d'Est, on peut imaginer la présence impérative d'un brise-lames pour protéger les quais du port. Selon J.M. De La Pena ce môle protégeait un canal reliant le "vieux port" (phocéen) au Nord et le "nouveau port" (romain) au Sud.

    On distingue par ailleurs des restes submergés du port antique sur les photos aériennes.

    Ampurias du Moyen Âge à nos jours

    La ville est détruite à la fin du IIIe siècle par une invasion venue du nord, à l'origine de la basilique paléochrétienne visible de nos jours, siège d'un épiscopat wisigothique. Cet établissement est à son tour saccagé par une invasion normande.

    Les musulmans arrivent en 718 et trouvent des habitants dans l'ancien îlot fondateur qui supporte encore le village actuel. Ils l'occupent donc un temps, puis ce furent les Francs, et Charlemagne, qui établit là une garnison solide. C'est ainsi, nous dit Eginhard (tome I) que le comte Ermengol mit les musulmans en déroute, capturant huit navires et repoussant les autres vers Majorque.

    L'endroit étant devenu peu à peu insalubre, les populations des alentours se regroupèrent pour fonder, à 15 km vers le nord, la cité épiscopale de Castelló d'Empúries, où l'on vit se construire une magnifique cathédrale, d'abord romane, puis gothique.

    Des moines, établis sur le site antique, fondèrent le couvent de Sainte Marie de Grâce, au-dessus de la Néapolis, là où se trouve actuellement le musée monographique.

    Visite du musée d’Ampurias

    Les fouilles archéologiques ont commencé à la fin du XIXe siècle. Elles se poursuivent encore de nos jours : le musée présente le mobilier découvert dans les trois parties de la cité, ainsi que des expositions thématiques.

    Au centre de la salle principale est exposé le grand cratère à figures rouges du IVe siècle av. J.-C. montrant une ménade poursuivie par un satyre, dans le style du peintre de Capoue.

Renseignements et inscriptions : Départ en bus dimanche 26 septembre à 8h30 place de la mairie de Castelnau-de-Guers, le matin visite du site d'Ampurias et du musée archéologique, pique nique à emporter, l'après midi arrêt shopping au Perthus et retour vers 18h00. Prix 22 € par personne. La visite d'Ampurias 2,40 € à régler sur place (gratuit pour les + de 65 ans). Règlements par chèque à l'ordre de ASPAHC 8 bis place de la mairie 34120 Castelnau-de-Guers.