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31/05/2009

Découverte géologique du Luberon (1)

Vous avez sans doute entendu parler du Luberon cette belle région qui est aujourd'hui infestée de stars en tous genres (show biz, cinéma, Télévision).  Mais le Luberon ça n'est pas qu'un pays qui respire le fric, c'est avant tout des paysages pittoresques que la géologie a modelés. Une diversité de roches, des minéraux, des gisements de fossiles extraordinairement riches, heureusement protégés aujourd'hui (collecte interdite) que l'on trouve le long de la montagne du Luberon, longue de 60 km entre Cavaillon et Manosque. En 1977 a été créé le Parc naturel régional du Luberon qui se situe en région Provence-Alpes-Côte d'Azur à mi-chemin entre Alpes et Méditerrannée, sur les départements du Vaucluse et des Alpes de Haute-Provence. Il englobe le territoire de 67 communes soit une superficie de 165 000 hectares. Depuis 1987, il est gestionnaire de la Réserve naturelle géologique du Luberon qui protège 28 sites paléontologiques de l'ère tertiaire englobés dans un périmètre de protection qui concerne 27 communes, soit 70 000 hectares.

Le Luberon est célèbre pour ses ocres de la bordure nord du pays d'Apt (à environ 50 km à l'est d'Avignon). Deux sites pittoresques permettent d'en découvrir les affleurements aux couleurs rouge orangé, le village de Roussillon et le Colorado provençal près de Rustrel.

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Lorsqu'on arrive près de Roussillon, village perché, on découvre de loin les affleurements d'ocre rouge qui se détachent du paysage. En effet, perché au coeur de son gisement d'ocre, Roussillon jouit d'une situation exceptionnelle dans le bassin ocrier. Le village, protégé depuis 1943, est aussi coloré que les terres environnantes. Outre la visite du village, il faut découvrir le sentier de l'ocre (payant) dans d'anciennes carrières d'exploitation.

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Il y a un peu plus de 100 Ma, à la fin des très longs épisodes marins du Jurassique et du Crétacé inférieur des couches de sable vert se déposent sur plusieurs mètres d'épaisseur. La couleur verte est liée à la présence de petits grains de glauconie visibles à l'oeil nu. Après le dépôt de ces sables la région se soulève suivant un axe reliant les Maures au Massif central, provoquant son émersion et, par la même occasion, celle des sables verts. Les conditions climatiques, tropicales et humides vont alors provoquer l'oxydation et l'altération de la glauconie et faire naître l'ocre, constituée d'un mélange d'argile et d'hydroxydes de fer.

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Le début de l'industrie de l'ocre commence vers 1780. C'est un habitant de Roussillon, Jean-Etienne Astier qui en fut le précurseur, car il découvrit que ces terres jaunes et rouges avaient la propriété, après traitement, de constituer une peinture inaltérable et d'une teinte inégalée. Toutefois, c'est avec l'arrivée du chemin de fer en périphérie d'Apt que le véritable commerce de l'ocre prendra son essor dans les années 1880-1890.

 

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L'exploitation de l'ocre se faisait en carrières à ciel ouvert ou en mines souterraines. Les paysages que l'on visite aujourd'hui avec canyons et cheminées de fées sont artificiels car ils résultent du travail de l'homme.

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An coeur du territoire des sables ocreux,  de Rustrel à Roussillon, une suite verticale de faciès, s'observe aisément, complète ou partielle. L'ensemble des faciès d'altération conserve les caractéristiques sédimentaires de la roche originelle.

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Ceci est parfaitement démontré par les figures de sédimentation marine, les stratifications obliques, qui s'observent dans les sables ocreux comme dans les sables verts originels. (sources : Découverte géologique du Luberon guide et carte géologique, éditions du BRGM 1998, Le tour de France d'un géologue, François Michel, BRGM éditions 2008).

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Les cheminées de fées de Roussillon

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Le Colorado provençal à Rustrel 

12/05/2009

reg' ARTS sur le patrimoine

 

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En partenariat avec  l'association du patrimoine (ASPAHC), l'association de randonnée pédestre (Les copains et copines du carrefour) et la municipalité de Castelnau de Guers, le jeudi 21 mai une manifestation culturelle est organisée à la chapelle Saint-Antoine à Castelnau de Guers.

Randonnée accompagnée au départ du cimetière à 10h, 11h, 14h.

Exposition de tableaux de Anna Hauser-Pellerin

Animation théâtralisée par Jean Pellerin

Visite commentée du site

Renseignements  06 83 25 76 86

 

 

01/05/2009

Je cherche des asperges et je trouves des escargots fossiles !

Souvent lorsque nous faisons des découvertes, qu'il s'agisse de vestiges archéologiques ou de restes fossiles nous entendons la même question: " comment l'avez vous découvert ? ". Deux cas de figures existent,  il s'agit du fruit d'une recherche systématique ou une découverte fortuite. Dans le cadre d'un travail de recherche (travail universitaire) , thèse, inventaire, portant sur une période donnée, et cela est valable pour les deux disciplines que j'affectionne, l'archéologie et la paléontologie, le travail de terrain consiste en premier lieu à effectuer des prospections. On scrute alors le sol, les coupes de terrain, à la recherche d'indices qui pourraient nous indiquer la présence d'un site. Quelques tessons de céramique peuvent révéler la présence d'un habitat, d'une tombe, quelques fragments d'os fossilisés permettront peut être de découvrir un squelette d'animal disparu. C'est l'étape suivante, la fouille, qui nous renseignera un peu plus sur tous ces indices repérés et permettra de dater et d'interpréter les gisements.

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Voici un exemple récent de la découverte fortuite d'un gisement paléontologique. Parti avec ma fille à la recherche d'asperges dans les garrigues de Florensac, nous sommes rentrés à la maison avec une belle botte d'asperges et en plus comme c'est souvent le cas après une balade avec un sac rempli de "cailloux". Bien sur le facteur chance et le hasard nous amènent parfois à effectuer des découvertes. Mais en vérité c'est avant tout l'esprit de curiosité, l'oeil exercé, l'acquisition des connaissances au fil des années (recherche de documentation, lecture de publications scientifiques) et  la pratique (du terrain)  qui nous feront découvrir des vestiges du passé.  

 

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Mais revenons à notre site, il s'agit d'un affleurement de calcaire lacustre de l'ère Cénozoïque (Tertiaire) Eocène moyen, qu'on peut dater d' environ 40 millions d'années. 

 

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Ce banc de calcaire métrique contient des mollusques gastropodes parmi lesquels nous avons identifié l'espèce Vivipara. Le site ainsi découvert fera dans l'avenir l'objet de recherches complémentaires en vue d'en compléter éventuellement la liste faunique.