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04/03/2009

Les phosphorites du bassin de Thau

 

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Les remplissages phosphatés de la région de Sète sont connus des paléontologistes depuis la fin du 19e siècle. De la faune composée essentiellement de micromammifères a été récoltée dans des petites poches d'extraction de phosphorite. 

 

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Les fossiles étudiés proviennent en partie d'une argile indurée de couleur rouge fine et homogène mais également d'un type de roche plus calcaire et de couleur plus claire.

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Mandibule de chiroptère.

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L'âge de ces gisements est très varié. Les gisements les plus anciens ont été datés du Miocène inférieur  (environ 20 Millions d'années) et les plus récents sont attribués au Pléistocène (environ 1 Million d'années). Les sites du Miocène inférieur sont célèbres pour avoir livré des ossements de chiroptères (chauves-souris) dont vous voyez ici deux spécimens, la mandibule mesure 12 à 15mm.

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Bloc calcité de phosphorite.

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Bloc de phosphorite avec au centre une dent de rongeur.

 

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Parfois les blocs de roche phosphatée contiennent en grande quantité de minuscules ossements. Si les rongeurs sont de loin les plus abondants dans ces gisements, on trouve également des marsupiaux et insectivores, des chiroptères, ainsi que des artiodactyles et des carnivores. En plus des mammifères, ces faunes comportent d'autres vertébrés (différents petits amphibiens, reptiles et oiseaux). L'analyse des faunes montre, pour la période considérée, une augmentation progressive du couvert forestier sous un climat chaud.

 

Ces gisements sont d'un grand intérêt scientifique car ils sont un précieux jalon pour l'étude de l'évolution des faunes. C'est la raison pour laquelle nous ne préciserons pas leur localisation, certains ayant depuis leur découverte été détruits, notamment par la reforestation.

 

J'ai eu la surprise un jour d'apprendre dans une publication scientifique que pour ma participation à la prospection des sites en Languedoc, les paléontologues de l'USTL de Montpellier avaient associé en 1997 mon nom à une nouvelle espèce de gliridé (rongeur de type loir ou lérot) "Myoglis houlezi nov.sp.". Je remercie ici mon ami Jean-Pierre AGUILAR directeur de recherche au CNRS pour m'avoir ainsi honoré et j'invite les chercheurs de fossiles à se rapprocher des professionnels pour un enrichissement commun des connaissances. 

 

Commentaires

Belle découverte qui montre combien notre région est riche aux plans géologique et paléontologique

Écrit par : ulysse | 08/03/2009

Bonjour Claude

Oui et je suis persuadé que tout au long de vos randonnées vous passez sans le savoir à côté de vestiges remarquables. Malheureusement ces témoins du passé sont fragiles car renouvelables, voilà pourquoi sur mon blog je ne pourrais pas toujours préciser la géolocalisation des sites.

Écrit par : Noël | 08/03/2009

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